Flux d’Info – Avril 2022

05/05/2022In Flux d'info22 Minutes

Data visualisation : la représentation percutante de la théorie du Donut

Les économistes du DEAL (Doughnut Economics Action Lab), centre de recherche dédié à la théorie du Donut, imaginée par Kate Raworth, économiste et professeure à Oxford, auteur de « La théorie du donut – L’économie de demain en 7 principes », ont compilé 11 indicateurs sociaux et sept données environnementales dans plus de 150 pays de 1992 à 2015.

Avec cette data visualisation ⤻ les économistes nous invitent à repenser notre approche de l’économie par un changement d’indicateurs intégrant les limites à la fois sociales et environnementales de la planète et permettant de mieux évaluer les politiques publiques.

Ils accompagnent des dizaines d’initiatives portées par des municipalités, comme Philadelphie, Portland, Copenhague, Bruxelles ou encore Amsterdam. La capitale des Pays-Bas est devenue la première ville au monde en avril 2020 à s’appuyer sur cette théorie pour établir ses décisions. Elle s’est notamment fixée pour objectif d’être 100 % circulaire d’ici à 2050, via, entre autres, la récupération de textiles ou le compostage. « Un élan qui guidera le relèvement économique et social de la ville après la pandémie », assure la municipalité. L’idée séduit même au-delà des municipalités puisque le pape François a cité cette théorie en modèle lors de son discours de clôture d’un rassemblement de jeunes en novembre 2020 !

 

Références : Novethic, [en ligne], 27/11/2021, Type : Étude, consultée le 16/12/2021 – URL : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/quels-pays-pulverisent-le-plus-les-limites-planetaires-reponse-avec-cette-representation-percutante-de-la-theorie-du-donut-150342.html?utm_source=Abonn%C3%A9s+Novethic&utm_campaign=1adabc4890-EMAIL_CAMPAIGN_2021_11_29_04_21&utm_medium=email&utm_term=0_2876b612e6-1adabc4890-171605858 – Marqueurs : transition, économie


Nouveau rapport du GIEC : Atténuation du changement climatique, agir coûtera moins cher

À sa quarante-troisième session, en avril 2016, le GIEC est convenu que le rapport de synthèse afférent au sixième rapport d’évaluation serait achevé en 2022, à temps pour le premier bilan mondial prévu au titre de la CCNUCC. Il s’agira pour les pays d’évaluer les progrès accomplis en vue de réaliser l’objectif qui est de contenir le réchauffement mondial bien en deçà de 2 °C, tout en poursuivant l’action menée pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C.

Les contributions des trois groupes de travail se sont échelonnées en 2021 et 2022 (en anglais seulement).

  • Sortie le 6 Août 2021, la contribution du Groupe de travail I ⤻  porte sur la compréhension de l’état actuel du climat, y compris la façon dont il change et le rôle de l’influence humaine. L’état des connaissances sur les futurs climatiques possibles, les informations climatiques pertinentes par régions et secteurs.
  • La contribution du Groupe de travail II ⤻ au sixième rapport d’évaluation du GIEC du 27 février 2022, évalue les impacts du changement climatique, en examinant les écosystèmes, la biodiversité et les communautés humaines aux niveaux mondial et régional. Il passe également en revue les vulnérabilités ainsi que les capacités et les limites du monde naturel et des sociétés humaines à s’adapter au changement climatique.
  • Le rapport du Groupe de travail III ⤻ sorti le 04 avril 2022 fournit une évaluation mondiale actualisée des progrès et des engagements en matière d’atténuation du changement climatique. Il examine les sources d’émissions par grands secteurs ou systèmes (énergie, transports, bâtiments, industrie, agriculture, usage des terres et alimentation, villes, etc.).. Il explique l’évolution des efforts de réduction et d’atténuation des émissions, en évaluant l’impact des engagements climatiques nationaux par rapport aux objectifs d’émissions à long terme. Une des nouveautés réside au chapitre consacré aux aspects sociaux de l’atténuation. Ce 3e rapport est la synthèse d’environ 18 000 papiers scientifiques. Les 278 autrices et auteurs principaux ont répondu à 59 212 commentaires des gouvernements et d’experts. Le résumé à l’intention des décideurs a été validé ligne par ligne par les gouvernements, après deux semaines de délibération sur chaque phrase.

Les points clés

Le pic des émissions doit être atteint au plus tard en 2025 pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, souligne le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dans un nouveau rapport.

Les émissions annuelles moyennes au cours de la période 2010-2019 ont été supérieures à celles de toutes les décennies précédentes, mais le taux de croissance entre 2010 et 2019 a été inférieur à celui enregistré entre 2000 et 2009.

Les émissions anthropiques nettes de GES ont augmenté depuis 2010 dans tous les grands secteurs au niveau mondial. Une part croissante des émissions peut être attribuée aux zones urbaines.

Les réductions des émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles et des processus industriels ont été inférieures aux augmentations des émissions dues à la hausse des niveaux d’activité mondiaux dans les domaines suivants : industrie, approvisionnement en énergie, transports, agriculture et bâtiments.

Les contributions aux émissions mondiales de GES continuent d’être variables selon les régions, nations mais elles varient aussi considérablement à des niveaux de revenu similaires. De plus, les 10 % de ménages ayant les émissions par habitant les plus élevées contribuent de manière disproportionnée aux émissions mondiales de GES des ménages.

Les coûts unitaires de plusieurs technologies à faible taux d’émissions n’ont cessé de baisser depuis 2010. Des politiques adaptées portant sur les systèmes d’innovation ont contribué à surmonter les effets distributifs, environnementaux et sociaux potentiellement associés à la mondialisation.

Figure SPM.3 : Réduction des coûts unitaires et utilisation de certaines technologies d’atténuation en évolution rapide

Toutes les trajectoires modélisées à l’échelle mondiale qui limitent le réchauffement à 1,5°C (>50%) sans dépassement ou avec un dépassement limité et celles qui limitent le réchauffement à 2°C (>67%) impliquent des réductions rapides, profondes et, dans la plupart des cas, immédiates des émissions de GES dans tous les secteurs. Il n’est donc plus possible d’envisager une neutralité carbone seulement en 2050. Utiliser les installations existantes sans baisse aura pour effet de rendre impossible le respect des engagements climatiques.

La neutralité carbone du secteur industriel est un vrai défi mais est possible. La réduction des émissions nécessitera une action coordonnée tout au long des chaînes de valeur afin de promouvoir toutes les options d’atténuation, notamment la gestion de la demande, l’efficacité énergétique et matérielle, l’économie circulaire, et des changements structurels dans les processus de production.

Les zones urbaines peuvent réduire considérablement les émissions de GES grâce à la transition systémique des infrastructures et de la forme urbaine vers des voies de développement à faible taux d’émissions.

La sobriété : éviter, changer, améliorer les pratiques !

Pour la première fois, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) consacre un chapitre de son dernier rapport aux évolutions des modes de vie et aux usages de l’énergie.

Les mesures prises ou à venir au niveau de la demande peuvent réduire les émissions mondiales de GES dans les secteurs d’utilisation finale de 40 à 70 % d’ici à 2050 par rapport aux scénarios de référence. L’atténuation de la demande englobe les changements dans l’utilisation des infrastructures, l’adoption des technologies bas carbone et les changements socioculturels et comportementaux dans les pays développés et limiter la croissance des émissions dans les pays en développement.

Les véhicules électriques alimentés par de l’électricité à faibles émissions offrent le plus grand potentiel de décarbonation pour le transport terrestre, sur la base du cycle de vie.

De nombreuses stratégies d’atténuation dans le secteur des transports auraient divers avantages connexes, notamment des améliorations de la qualité de l’air, des avantages pour la santé, un accès équitable aux services de transport, la réduction de la congestion et la réduction de la demande de matériaux.

Les options d’atténuation du secteur de l’agriculture, de la forêt et des autres utilisations des terres (AFOLU) peuvent permettre des réductions d’émissions de GES à grande échelle et des absorptions renforcées, mais ne peuvent pas compenser entièrement les actions retardées dans d’autres secteurs.

Le déploiement de l’élimination du dioxyde de carbone (CDR) pour contrebalancer les émissions résiduelles difficiles à éliminer est inévitable si l’on veut atteindre la neutralité carbone (CO2 ou tout GES). L’ampleur et le calendrier du déploiement dépendront des trajectoires de réduction des émissions brutes dans les différents secteurs.

Les flux financiers recensés sont inférieurs aux niveaux nécessaires pour atteindre les objectifs d’atténuation dans tous les secteurs et toutes les régions. C’est dans l’ensemble des pays en développement que le défi de combler les écarts est le plus important.

Références : Le Monde, [en ligne], 04/04/2022, Type : article, consulté le 04/04/2022 – URL : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/04/la-sobriete-un-levier-pour-accelerer-la-lutte-contre-le-dereglement-climatique_6120580_3244.html – Marqueurs : climat, sobriété

Le Monde, [en ligne], 04/04/2022, Type : article, consulté le 04/04/2022 – URL : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/04/le-giec-appelle-a-des-mesures-immediates-et-dans-tous-les-secteurs-pour-garantir-un-avenir-vivable_6120551_3244.html


Réchauffement climatique : pour le Giec, absorber le CO2 de l’atmosphère est désormais « essentiel »

Le dernier rapport du Giec, publié le 4 avril, met en avant la nécessité de retirer le CO2 émis dans l’atmosphère pour limiter le réchauffement climatique. Mais les solutions à disposition des décideurs ne sont pas sans risque.

Références : La Croix, [en ligne], 10/04/2022, Type : article, consulté le 10/04/2022 – URL : https://www.la-croix.com/Economie/Rechauffement-climatique-Giec-absorber-CO2-latmosphere-desormais-essentiel-2022-04-10-1201209626 – Marqueurs : climat, technologie


« L’amnésie générationnelle environnementale », un entretien avec le psychologue américain Peter H. Kahn, spécialiste des interactions entre les humains et la nature

Références : Le Monde, [en ligne], 05/04/2022, Type : article, consulté le 05/04/2022 – URL : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/05/nous-detruisons-la-nature-mais-nous-ne-prenons-jamais-pleinement-conscience-de-l-ampleur-des-degats_6120683_3244.html


Le « nudging » ou comment inciter les individus à adopter des comportements écoresponsables

Inspirée des sciences comportementales et popularisée en 2008, le nudge ou « coup de coude », est une méthode d’influence qui pourrait favoriser l’adoption de bonnes pratiques pour l’environnement. Lauréats du prix Nobel d’économie en 2017, Richard Thaler et Cass Sunstein, économiste et juriste ont théorisé cette stratégie pour inciter discrètement les individus à améliorer leurs comportements [Nudge. La méthode douce pour inspirer la bonne décision, Vuibert, 2010].

« Si vous voulez faire faire quelque chose aux gens, faites en sorte que ce soit facile pour eux », explique Richard Thaler

Références : Le Monde, [en ligne], 05/04/2022, Type : article, consulté le 05/04/2022 – URL : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/07/le-nudging-ou-comment-inciter-les-individus-a-adopter-des-comportements-ecoresponsables_6121043_3244.html


La sixième limite planétaire vient d’être franchie, c’est la deuxième cette année

Elle concerne le cycle de l’eau et plus particulièrement l’eau verte, celle qui est absorbée par les végétaux. En Amazonie, mais partout ailleurs, l’humidité des sols change et les forêts se transforment en savanes en raison du changement climatique et de la déforestation. Le monde compte neuf limites planétaires, seules trois n’ont donc pas encore été franchies.

Références : Novethic, [en ligne], 28/04/2022, Type : article, consulté le 28/04/2022 – URL : https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/cycle-de-l-eau-une-sixieme-limite-planetaire-vient-d-etre-franchie-c-est-la-deuxieme-cette-annee-150748.html


Nouvel arrêté du 4 mars 2022 relatif à la modification et à la création de programmes dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie

Publics concernés : porteurs de programmes, bénéficiaires et demandeurs éligibles dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie. Objet : modification d’un programme et création de nouveaux programmes d’accompagnement en faveur des économies d’énergie dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie.

Références : Légifrance, [en ligne], 19/03/2022, Type : article, consulté le 19/03/2022 – URL : https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=rlq0ST1P-m5DOunYLkEQQdoSRuAdkFvSJtWKJebKU24=


Certificats d’économies d’énergie : 50 questions pratiques pour les collectivités (ENE02)

Références : Amorce, [en ligne], 22/03/2022, Type : article, consulté le 22/03/2022 – URL : https://amorce.asso.fr/publications/certificats-economies-energie-50-questions-pratiques-pour-les-collectivites


En Gironde, la communauté de communes de Montesquieu a rejoint le réseau TEPOS (territoire à énergie positive) piloté par le CLER-Réseau pour la transition énergétique en octobre 2021.

Corinne Martinez, vice-présidente à la Transition écologique et solidaire et Benoist Aulanier, vice-président à l’Aménagement du territoire et urbanisme reviennent sur l’engagement politique du territoire.

Références : CLER, [en ligne], 22/04/2022, Type : article, consulté le 22/04/2022 – URL : https://cler.org/un-nouveau-territoire-a-energie-positive-en-gironde/


Potentiels d’atténuation du secteur agricole : des fiches pour passer à l’action

L’ ADEME propose 13 fiches régionales de la France métropolitaine, complétées d’une fiche introductive générale, pour accompagner les acteurs régionaux – décideurs publics et acteurs du monde agricole, dans la priorisation, la mise en œuvre et le déploiement des leviers d’action pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et le stockage de carbone dans le secteur agricole.

Références : ADEME, [en ligne], 11/2021, Type : article, consulté le 11/2021 – URL : https://librairie.ademe.fr/changement-climatique-et-energie/5022-attenuer-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-dans-le-secteur-agricole.html


Tri des biodéchets : pourquoi s’y préparer dès maintenant ?

Les biodéchets représentent encore un tiers des poubelles d’ordures ménagères résiduelles (OMR). Pourtant, ils ont de la valeur.

38 % des ordures ménagères résiduelles pourraient faire l’objet d’une valorisation organique. (Source : Modecom 2017)
6 Mt de déchets auraient pu être valorisés organiquement en 2017. 68 783 t ont été collectés séparément (Source : enquête Modecom 2017)
157 collectivités avaient mis en place ou étaient en train d’organiser une collecte séparée des biodéchets en 2019. Soit seulement 6% de la population. (Source : enquête sur le tri à la source des biodéchets en France, ADEME 2021, publication à venir)

Au lieu d’être mis en décharge ou incinérés, les déchets verts peuvent être apportés en déchetterie ou directement utilisés dans le jardin. Quant aux déchets alimentaires, ils pourraient être compostés ou méthanisés en vue d’un retour au sol, tandis que le biogaz issu de leur traitement peut se substituer à des énergies fossiles. Après le vote d’une loi qui impose le tri à la source des biodéchets à partir du 31 décembre 2023, une enveloppe de 100 millions d’euros a été confiée à l’Ademe pour qu’elle soutienne les collectivités et les entreprises qui s’organisent pour respecter l’obligation à la date prévue.

Références : ADEME, [en ligne], 11/2021, Type : article, consulté le 11/2021 – URL : https://infos.ademe.fr/magazine-novembre-2021/dossier/tri-des-biodechets-pourquoi-sy-preparer-des-maintenant/


Pour une révolution politique, poétique et philosophique avec l’astrophysicien Aurélien Barrau

Dans son dernier livre « Il faut une révolution politique, poétique et philosophique » édité chez Zulma , l’astrophysicien Aurélien Barrau aborde toutes les questions d’actualité brûlantes. Selon l’auteur, ardent défenseur de la planète,   « les petits gestes et autres initiatives individuelles » sont certes bienvenus. Mais ce n’est pas la question de fond. Un problème systémique ne peut avoir de solution que systémique. Il faut une révolution politique, poétique et philosophique et  pour cela il faut changer les règles et fonder un autre monde « Il ne s’agit plus de commenter ou de comprendre le réel : il s’agit de produire du réel. Ce qui tue aujourd’hui et avant tout, c’est notre manque d’imagination . L’art, la littérature, la poésie sont des armes de précision. Il va falloir les dégainer.

Références : France Inter, [en ligne], 09/05/2022, Type : podcast, consulté le 11/05/2022 – URL : https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-lundi-09-mai-2022


Bordeaux Métropole parmi les dix agglomérations françaises sélectionnées par l’Union Européenne

Lancé fin novembre dans le cadre du programme européen Horizon, l’appel à manifestation d’intérêt « 100 villes climatiquement neutres et intelligentes » a mobilisé 377 villes des états membres de l’Union Européenne, parmi lesquelles 23 collectivités françaises. A l’issue des délibérations, dix agglomérations hexagonales ont été sélectionnées : Bordeaux Métropole, Angers Loire Métropole, Dijon Métropole, Dunkerque, Grenoble, Lyon, Marseille, Nantes Métropole et Paris. L’Europe prévoit de consacrer une enveloppe de 360 millions d’euros entre 2022 et 2023  à cette mission qui vise à faire émerger 100 villes au bilan carbone neutre d’ici à 2030 avec un soutien en ingénierie et un accès facilité aux subventions européennes pour les actions permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Références : Bordeaux Metropole, [en ligne], 03/05/2022, Type : article, consulté le 03/05/2022 – URL : https://www.bordeaux-metropole.fr/Actualites/Bordeaux-Metropole-primee-pour-sa-politique-de-transition-climatique