Covid-19 : panser et (re)penser le monde ?

Face à la crise du coronavirus des organisations syndicales, associatives ou environnementales et de nombreux intellectuels, spécialistes, politiques réclament de profonds changements.

Une sélection d’articles autour des thématiques récurrentes : la transformation sociale, les urgences après le confinement, la politique de prise en charge du grand-âge, l’autonomie alimentaire, le numérique, les coopératives d’habitants… ainsi que les adaptations et initiatives ayant vu le jour depuis le confinement.

Pour Hannah Arendt, le terme de « crise » qualifie tout événement qui nous coupe du monde et nous prive de notre expérience. C’est le concept clé de celle qui fut l’observatrice des ébranlements du monde moderne. Comment la crise peut-elle faire naître une pensée nouvelle ?

La crise que nous traversons serait un point de bascule historique et viendrait ébranler les fondements mêmes de nos démocraties. Le système économique mondialisé fondé sur des chaînes d’approvisionnement disséminées devrait faire place à des modes de production moins interconnectés, moins dépendants de l’étranger. Beaucoup appellent de leur vœu une alternative sans ambiguïté au productivisme et au capitalisme et souhaitent une réforme profonde de nos institutions.

« Nous avons pris conscience qu’un monde plus fragmenté est aussi plus résilient… Ce qui fait penser que les nations et les frontières vont faire un retour prononcé.» John Gray

 

 

 

Jean-Marc Jancovici est intervenu sur France 2 dans l’émission « Et Après » – 16/04/2020

 

Dominique Bourg propose 18 mesures pour une économie « réelle » au service des biens communs : relocalisation, empreinte écologique de la production, comptabilité en matière/énergie et instauration de quotas d’énergie/matière par individu, suspension du paiement des intérêts de la dette publique, mise en place d’un revenu de transition écologique, encadrement des écarts de revenus, transports publics… et 7 mesures pour un État garant du bien public et des biens communs. L’alimentaire et la condition animale sont peu abordés dans ce texte.

 

La Tribune – 14/04/2020. Des pistes de réflexion nous sont proposées par l’économiste girondine, Aurélie Piet, qui a publié en avril 2019 Quand l’homo-économicus saute à l’élastique… sans élastique.

 

Usbek et Rica – 10/04/2020
«Nous demandons de ne pas reproduire les erreurs passées. Il faut absolument éviter les écueils de la crise de 2008 dont la relance a donné lieu, notamment, à des investissements dans les énergies fossiles et les industries néfastes à l’environnement. La situation inédite que nous subissons aujourd’hui nous oblige à réfléchir, au contraire, à la manière de lier économie et environnement.» La Convention Citoyenne pour le Climat

 

Le Monde d’après – 10/10/2020
«La crise inédite à laquelle nous faisons face pourrait être un nouveau signal de l’urgence à changer nos modèles de société. C’est en partant de ce constat, et parce que des décisions structurantes pour notre avenir commun sont déjà en discussion, que La Croix-Rouge française et le WWF France s’associent à Make.org et le Groupe SOS, en partenariat avec Unis-Cité et le Mouvement UP pour vous inviter à répondre à cette question cruciale : “Crise Covid-19 : Comment inventer tous ensemble le monde d’après ?“. Participez, votez, proposez !»

 

«L’intensité des échanges de personnes, de biens et de capitaux, de caractéristique – certes contestée mais généralement admise – du progrès mondial hérité du dernier siècle est désormais globalement mise en accusation.» Louis Manaranche

 

«Nos économies développées seraient fondées sur « l’innovation » et sur « l’économie de la connaissance », ce serait là d’ailleurs le nouveau sens de la santé, et elles devraient déléguer aux continents du Sud, à l’Afrique et à l’Asie principalement, la fabrication industrielle des biens matériels. Avec une telle conception fantasmatique du sens de l’histoire, nos gouvernants ne pouvaient que renvoyer l’épidémie infectieuse et l’industrie manufacturière à un monde sous-développé et à des temps anciens que nous, Occidentaux, aurions dépassés.» Barbara Stiegler

 

« Il est très important que les gouvernements ne pensent pas uniquement en termes de relance de l’économie et s’attachent à la construction d’un meilleur futur</em>, alerte Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).<em> Les plans de relance sont d’une ampleur qui n’arrive qu’une fois par siècle, au regard des montants mobilisés. Cela va structurer l’économie et donner forme au monde dans lequel nous allons vivre. »

 

 

 

«Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris… Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes…»

 

«Si l’érosion de la biodiversité et la déforestation font partie des principaux facteurs d’apparition et de diffusion de pathogènes humains, comme dans le cas de la pandémie de Covid-19, le dérèglement climatique pourrait aggraver la situation. Les épidémies font en effet partie des nombreux risques sanitaires associés à la hausse des températures globales, et vont vraisemblablement augmenter si les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître.»

 

L’autonomie alimentaire

Face à la fermeture de certains marchés, les consommateurs se sont détournés des grandes surfaces au profit du commerce de proximité. Les filières et les collectivités se sont organisées et les initiatives foisonnent. L’information est particulièrement disséminée. Le principe du partage des données ouverte sera t-il proposé pour soutenir les filières mais aussi mieux informer les utilisateurs ? Cette thématique n’est pas abordée pour le moment.

Le marché vert pour s’approvisionner auprès de producteurs locaux et près de chez soi. Avec cette carte, les initiatives sont recensées et remontent régulièrement à partir de post Facebook…

 

Gironde :

 

 

Région :

 

État :

 

La solidarité

 

https://www.gironde.fr/associations/actualites/covid-19-aide-aux-associations

 

Voir aussi :

Réserve Civique | Engagez-vous face à l'épidémie de Covid-19

APF France handicap

 

 

Alors que la distanciation sociale dissuade du transport en commun, le vélo deviendrait un mode de déplacement salvateur

 

 

→ Voir aussi : le Guide pour une mobilité bas carbone mis à disposition par the Shift Project.

 

La crise du coronavirus nous conduira t-elle à repenser notre politique de prise en charge du grand-âge et en particulier des EHPAD ?

 

Covid-19 : les coopératives d’habitants plus fortes pendant le confinement ?

Pour Habicoop : «Le Covid-19 ne fait qu’accentuer l’urgence de faire apparaître d’autres formes d’habitat. Un habitat plus résilient, plus inclusif et plus écologique.»

 

Points de conjoncture

JO : la loi de finances rectificative, la loi d’urgence et le décret sur le confinement publiés – 24 mars 2020.

Source : (JO) Covid-19 : <a href= »https://www.gazette-du-palais.fr/actualites-juridiques/jo-covid-19-la-loi-de-finances-rectificative-la-loi-durgence-et-le-decret-sur-le-confinement-publies/ »>la loi de finances rectificative, la loi d’urgence et le décret sur le confinement publiés</a>

Texte officiel : L. n° 2020-289, 23 mars 2020, de finances rectificative pour 2020 : JO, 24 mars 2020

Texte officiel : L. n° 2020-290, 23 mars 2020, d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19 : JO, 24 mars 2020

Texte officiel : D. n° 2020-293, 23 mars 2020, prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire : JO, 24 mars 2020

 

Les aides accordées par l’État à de grandes entreprises doivent-elles être conditionnées à des engagements environnementaux ?

Cette question a surgi à l’occasion de l’examen à l’Assemblée du projet de loi de finances rectificatif. Un amendement contraignant a été rejeté au profit d’un autre plus souple. Un chèque en blanc est-il accordé aux entreprises ?

 

 

Quel rôle peuvent jouer les dispositifs numériques dans la lutte contre la pandémie et la stratégie de déconfinement ?

Faut-il s’en inquiéter ? Comment, en tant qu’individu et société, acceptons-nous des solutions technologiques ?