L’aigle à deux têtes souffre t-il du mal de mer ?

Le mal de mer ou naupathie est une forme de cinétose (mal des transports) caractérisée par des nausées (du grec ancien ναυς / naus, « navire ») généralement provoquées par le balancement de l’embarcation et le décalage entre les informations de mouvement fournies par le système vestibulaire et les informations visuelles. Nous retrouvons ces mêmes phénomènes de balancier avec le paradigme de « l’en même temps », dans une navigation agitée par les contradictions et paradoxes. Un étourdissement qui peut avoir de lourdes conséquences sociales.

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez . » Hannah Arendt

 

8 juillet 2020

Ce gouvernement est un « aigle à deux têtes » selon une experte de France Nature Environnement : d’un côté, après l’incendie de Lubrizol, il prend des mesures pour mieux surveiller les sites industriels, de l’autre, il simplifie leur implantation. Ainsi, nombre d’établissements n’auront plus à effectuer d’étude d’impact ou à recueillir l’avis du public.

 

1er juillet 2020

À peine 24 heures après le discours d’Emmanuel Macron à l’Elysée, les propositions de la Convention citoyenne pour le climat ont déjà du plomb dans l’aile. Interrogé mardi matin sur RMC et BFMTV, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est déclaré en désaccord avec deux mesures phares des citoyens et des citoyennes. Il refuse en effet d’interdire la publicité sur les produits les plus polluants, dont les SUV et ne souhaite pas non plus qu’on réduise la TVA sur les billets de train, au motif que ce serait une dépense « lourde » pour L’État. Bruno le Maire s’est dit en revanche favorable à une meilleure information des consommateurs. En novembre dernier, le locataire de Bercy avait proposé que les publicités pour les voitures mentionnent leur conséquences environnementales, parmi les pistes lancées pour s’attaquer à la pollution engendrée par les véhicules les plus polluants.

Mardi, sur France Inter, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, a affiché son opposition à un référendum sur le crime d’écocide tel que l’exigeait la Convention : « Dans notre droit, la loi pénale ne peut pas résulter d’une adoption par voie référendaire. » Elle propose par contre de « travailler sur le droit international, parce que l’écocide ne s’arrête pas aux frontières de la France ».

Lors des questions au gouvernement, mardi, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Agnès Pannier-Runacher a déclaré vouloir « lancer les enchères de la 5 G , (…) une technologie essentielle à la compétitivité de notre pays », alors que les membres de la Convention citoyenne pour le climat réclamaient un moratoire sur cette technologie.

Le chef de l’État avait déjà posé un veto à plusieurs mesures lors de son discours à l’Élysée, lundi 29 juin. Il avait refusé la taxe sur les dividendes, la limitation de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes et la réécriture du préambule de la Constitution. Il avait aussi largement retravaillé certaines propositions dont la limitation du trafic aérien et cultivé le flou sur de nombreuses autres mesures.