Des ressources pédagogiques

Calculer ou estimer son empreinte carbone

Proposé par l'Adème, ce test en ligne permet de se familiariser avec les ordres de grandeur et les impacts carbones de notre vie quotidienne.

En moyenne, en occident, l'empreinte actuelle est de 11 tonnes de CO2eq par personne. Pour limiter l’augmentation des températures à 2 °C, il faut viser dès les prochaines décennies une empreinte carbone à l’échelle mondiale de 2 tonnes de CO2eq par personne.

Ce test a bien entendu des limites, par exemple le mode de production alimentaire, sa localisation n'entre pas dans le calcul, or c'est particulièrement important, idem pour l'électricité, l'industrie textile... mais il permet de comprendre que manger de la viande rouge ou consommer des laitages quotidiennement accentue considérablement notre impact.

 

https://ecolab.ademe.fr/apps/climat/?fbclid=IwAR1kvgBpU8cy-d9gmu6luEnr1LVuWXPkE4_bO7lbLgFYFc5mffkaGo1jQaw

 

D'autres ressources sont accessibles là : https://bonpote.com/comment-calculer-son-empreinte.../...

 

Post-R

En 15 minutes, comprenez l'essentiel des grands enjeux actuels et découvrez les pistes de solutions qui s'esquissent ici et maintenant.

http://futurs-souhaitables.org/post-r/

 

TV5 monde

Une expérience interactive documentaire vous mettant aux commandes du récit climatique et du destin de 6 individus à travers le monde.

http://climatsoustension.com/

 

 

 

 

 

 


La belle verte (1996) - Coline Serreau

Conte philosophique réalisé en 1996 par Coline Serreau, avec notamment Vincent Lindon, Marion Cotillard, Patrick Timsit, Denis Podalydès, Philippine Leroy-Beaulieu, Francis Perrin, Yolande Moreau, Rufus.

La belle verte aborde les thèmes aussi divers que l’anticonformisme, l’écologisme, la décroissance, le féminisme, l’humanisme, le pacifisme, les valeurs sociales ou encore le rejet des technologies nuisibles, par le biais de dialogues ou de situations humoristiques.

À sa sortie, le film fut vivement critiqué par Télérama comme étant une litanie laborieuse de redites et lieux communs sur notre misérable existence. Depuis, le film a connu une importante deuxième vie sur internet où il fut sous-titré en de nombreuses langues et vu près de 3,5 millions de fois. Ce contraste entre l’accueil froid lors de sa sortie en 1996 et son succès au début du XXIe siècle fit dire à Coline Serreau en 2009 que le film « était trop en avance » sur son temps.

Le film intégral est en accès libre via Peertube sur Parleur.net, une plateforme alternative à Youtube.


Bruno Latour

Bruno Latour philosophe, sociologue, professeur émérite associé au medialab de Sciences Po défend la théorie de l’acteur-réseau, développe le concept de « non-humain » débouchant sur une vision particulière de l’écologie politique.

Dernières interventions

24/09/2020

 

23/08/2020 Dialogue à la Manufacture d’idées sur le nouveau régime climatique

 

 

30/03/2020

 

29/03/2020


🔗  Suivre toutes les actualités sur bruno-latour.fr [en ligne]. [s. d.]. [Consulté le 29 septembre 2020]. Disponible à l’adresse : http://www.bruno-latour.fr/fr.html


Les pollutions en France

Recensement des articles publiés en 2020 sur la thématique des pollutions en France, avec un focus spécifique en Nouvelle-Aquitaine et en Gironde

23/09/2020

https://reporterre.net/Pollution-de-l-air-l-Etat-francais-toujours-aussi-inefficace

Ce n’est pas la première fois que la France est critiquée pour son manque d’effort en la matière. En juillet 2020, le Conseil d’État avait ordonné au gouvernement de prendre des mesures pour réduire la pollution de l’air, sous astreinte de 10 M€ par semestre de retard. En mai dernier, la Commission européenne lui avait reproché de ne pas avoir transposé correctement dans la législation la la réduction des émissions des principaux polluants : des particules fines, des oxydes d’azote (NOx, du dioxyde de soufre (SO2) de l’ammoniac (NH3).

 

23/09/2020

https://reporterre.net/Neonicotinoides-la-mobilisation-contre-le-projet-de-loi-s-intensifie

 

23/09/2020

https://mrmondialisation.org/lue-exporte-massivement-des-pesticides-interdits-sur-son-territoire/

 

De plus en plus de pesticides sont interdits au sein de l’Union Européenne en raison des risques sanitaires et environnementaux que fait peser leur utilisation. Les entreprises européennes de l’agrochimie continuent pourtant de produire massivement ces substances qu’il faut écouler, ailleurs…

10/07/2020

https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-ordonne-au-gouvernement-de-prendre-des-mesures-pour-reduire-la-pollution-de-l-air-sous-astreinte-de-10-m-par-semestre-de-retard

 

30/05/2020

La comptabilité carbone est relativement complexe, un article qui permet d’en comprendre la complexité et ses limites. Prenons par exemple une approche basée sur la consommation qui tient compte des échanges, attribuant à chaque pays les émissions dues à la production de ce qu’il consomme, en lui octroyant les émissions des produits qu’il exporte et qui seront consommés ailleurs. On appelle cela l’empreinte carbone. En France, comme nous importons plus de produits que nous n’en exportons, notre empreinte carbone est supérieure à l’inventaire national :

https://bonpote.com/qui-pollue-total-ou-le-citoyen/

 

Voir aussi la vidéo 8 :  La comptabilité carbone - Cours des Mines 2019 - Jancovici

 

28/05/2020

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/28/pollution-de-l-air-la-france-de-nouveau-dans-le-collimateur-de-la-commission-europeenne_6040976_3244.html

Bruxelles reproche à la France de ne pas avoir transposé correctement dans le droit français toutes les exigences de la directive européenne de 2016 concernant la réduction des émissions nationales des principaux polluants atmosphériques. Il s’agit des particules fines (PM2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres), particulièrement nocives, car elles pénètrent profondément dans l’organisme ; des oxydes d’azote (NOx) issus majoritairement du transport routier ; des composés organiques volatils non méthaniques et du dioxyde de soufre (SO2) rejetés par les activités industrielles et de l’ammoniac (NH3), émis principalement lors des épandages agricoles. Lors du confinement, malgré la chute du trafic automobile, des pics de pollution ont ainsi été observés dans certaines régions en raison de traitements à base d’engrais et autres fertilisants.

 

14/02/2020

https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-refuse-de-suspendre-l-arrete-fixant-les-distances-minimales-de-securite-pour-l-epandage-des-pesticides

 


Mobilité bas carbone

24/09/2020

 

 

22/09/2020

A Bordeaux, ces anciens livreurs Deliveroo et Uber Eats ont monté leur coopérative.

 

 

 

 

04/02/2020

The Shift Project met à disposition des collectivités territoriales et de ses décideurs, un Guide pour une mobilité bas carbone. Ce document a pour vocation de mettre en évidence les leviers pour les villes de moyenne densité pour parvenir rapidement à un report modal de la voiture en solo vers des modes actifs ou partagés.

Cela implique d’adopter une approche systémique s’appuyant sur la complémentarité des modes et des actions mises en place. C’est pourquoi, pour parvenir à détrôner l’automobile dans les usages, 3 axes d’actions sont à mettre en œuvre conjointement dans les zones de moyenne densité:

  • Déconstruire le « système voiture » en agissant sur l’urbanisme pour réduire les distances et sur les règles fiscales pour les rendre incitatives à l’usage de modes décarbonés, tout en rendant moins attractive la voiture en solo ;
  • Développer un système de modes actifs et partagés : marche, cycles, transports en commun, covoiturage ;
  • Susciter et accompagner le changement de comportement par des actions de communication et de pédagogie, et en accompagnant la mise en place de Plans de Mobilité Employeurs (PDM).

Ce travail a été élaboré à partir de 5 études de cas, dont les trois premières sont en ligne (Étude de cas de la Communauté d’Agglomération de la Région Nazairienne et de l’Estuaire (CARENE) ; Étude de casde la Communauté Urbaine d’Arras ; Étude de cas de Grenoble-Alpes Métropole). Les deux dernières seront publiées au premier semestre 2020 (Étude de cas de la Communauté Urbaine de Poitiers ; Étude de cas de l’Eurométropole de Strasbourg).

 

Des vélos collectifs pour aller à l’école

04/04/2019

Des vélos collectifs pour le service de ramassage scolaire avec S’Cool Bus.


Guide pour une mobilité quotidienne bas carbone : le rapport du Shift pour les collectivités. In : The Shift Project [en ligne]. 4 février 2020. [Consulté le 20 mars 2020]. Disponible à l’adresse : https://theshiftproject.org/article/guide-mobilite-quotidienne-bas-carbone-rapport-shift/.

Une « Étude comparative de l’impact carbone de l’offre de véhicules » est mise à disposition dans sa version intermédiaire (V1).  et vise elle aussi à éclairer la décision publique.


Vers une cité végétale / Luc Schuiten

Mam

Luc Schuiten, architecte et dessinateur imagine le futur proche de nos villes et campagnes à l’horizon 2100 et suggère des solutions pour les transports publics et individuels de demain. A la croisée de l’écologie et  de la science-fiction, il propose des formes d’habitat archiborescent.

« J’ai commencé à réfléchir à ce que serait l’aboutissement de mon travail d’architecte, si j’avais les moyens techniques et financiers pour réaliser une maison libérée des contraintes techniques de sa construction. J’ai donc entrepris de dessiner des habitations qui sont complètement en phase avec le vivant. Ces études d’habitat nature ont été regroupées sous l’appellation d’habitarbres, car toutes s’articulent autour de l’ossature d’arbres vivants aux formes guidées par des tendeurs, des tuteurs, des tailles et des greffes. »

« Comment retrouver une part de nature dans les centres urbains, constitués presque exclusivement de matériaux minéraux ? J’ai tenté de répondre à cette question par différentes propositions de jardins verticaux, conçus pour les chancres urbains de Bruxelles. 20 ans plus tard, j’ai repris ce même thème. Et j’ai rajouté une difficulté supplémentaire, celle d’y loger des sans-abris. C’est inacceptable de laisser dans les rues des gens, accidentés de la vie, abandonnés à leur triste sort, dans des conditions pénibles et indignes. La ville doit agir avec empathie vis-à-vis de tous ses résidents. Mon atelier d’architecture, a répertorié plus de 300 petits chancres à Bruxelles et a fait de multiples propositions, pour montrer à quel point la ville gagnerait en réhabilitant ces lieux pour y loger des sans-abris. La construction est préfabriquée avec des matériaux biosourcés, principalement du bois, du chanvre, de la chaux et de la paille, les toitures sont végétalisées, tout comme les escaliers extérieurs. Chaque palier est en même temps un petit balcon qui permet à l’ex sans-abri de garder le contact avec la rue et de se retrouver dans un environnement qu’il a connu si longtemps, mais avec un regard inversé. Il a longtemps regardé passer les gens de bas en haut. De son logement, il va regarder la rue de haut en bas. En inversant le regard, on inverse en même temps l’attitude, le comportement, la prestance du nouveau locataire. Une partie de ces projets sont actuellement en étude à Bruxelles. »

Un projet Archi Human à Evere

« J’ai dessiné une pergola à la forme inspirée de mes premiers projets d’habitarbres. Sa structure est constituée de fer à béton soudé envahi par des plantes grimpantes. La nuit, ce lieu de rendez-vous s’éclaire de milliers de petites LED reparties dans le feuillage. Créer dans les espaces urbains des œuvres à l’identité forte pour marquer des points de repère, rendre la ville plus conviviale, mais aussi nous lier émotionnellement à un lieu, devrait être la préoccupation des aménageurs des espaces publics. »

La pergola de la place Fontainas

« L’alternative aux constructions-futurs déchets sont des bâtiments érigés à partir de matériaux renouvelables tels que les structures bois, l’isolation par paille ou chanvre, les toitures végétales ou toits de chaume, les enduits en terre et chaux. Grâce à ces matériaux naturels, les bâtiments sont respirants, tels notre peau. A l’opposé, les bâtiments en béton,  en acier, ou en autre composite, utilisent des matériaux transpirants. Ils conservent l’humidité que nous dégageons et nous imposent d’installer, pour corriger ce défaut majeur, une ventilation mécanique contrôlée. J’imagine, pour un futur biomimétique, une habitation pourvue d’une structure arborescente et refermée par une sorte de cocon, un bio textile. Malgré que nous n’ayons pas actuellement les moyens techniques pour réaliser ces visions prospectives, je peux déjà les projeter par le dessin. Si le plan d’un architecte est une anticipation d’un futur souhaité, dessiner un futur imaginaire, c’est accomplir la toute première étape vers sa réalisation. Le bambou est un matériau de construction magnifique.  Il pousse excessivement vite, en deux ou trois saisons, il a atteint sa taille maximum et peut servir de structure portante à des habitations. On peut le refermer par un bio textile pour confectionner des habitations. »

 

Titre: Vers une cité végétale
Auteur: Schuiten Luc (19..-….)
Édition: Belgique : Wavre, 2010
Nombre de pages: 164
ISBN13: 9782804700539
1 vol. (164 p.) : ill. en noir et en coul. ; 27 cm

J’imagine les villes dans lesquelles j’aimerais vivre (…), une ville côtière, par exemple, aux contours inspirés par les formes des vagues, dont les habitats à l’allure organique seraient dotés de verrières translucides, et dont les structures seraient formées d’arbres vivants (…) un vaste écosystème à l’image de ce que l’on trouve dans les récifs coralliens.

 


Textes réglementaires relatifs à l'environnement

Mis à jour le 27/09/2020

27/09/2020

Rénovation du bâtit et plan de relance. Tribune, Philippe Alluin, Ingénieur-architecte, fondateur du Réseau d’ingénieries pour l’architecture et le développement durable ReeZOME

« Avec un tiers du plan consacré à la transition énergétique, on s’attendait à une réelle avancée, notamment dans la rénovation énergétique des bâtiments. La consommation énergétique des logements représente 30 % de la dépense énergétique totale. »
En y regardant de plus près, le plan de relance n’accorde pas d’investissement supplémentaire à la rénovation du bâtit. Mieux encore, le dispositif MaPrimeRénov entré en vigueur en janvier 2020 passe même de 2,8 milliards d’euros par an en 2019 (CITE) à 1 milliard d’euros par an en 2021. « Avec le plan dit « de relance », les aides à la rénovation énergétique des logements auront donc été divisées par trois. »

 

 

31/08/2020

Dérogation à l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes. Le ministère de l’écologie vient d’adresser aux membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), le texte de l’avant-projet de loi destiné à rouvrir la possibilité de déroger à l’interdiction d’utilisation des insecticides néonicotinoïdes.

La loi Biodiversité de 2016 présentée par Madame Barbara Pompili avait interdit l’utilisation des néonicotinoïdes depuis le 1er septembre 2018, avec dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020.

➡️ Ce projet permet une dérogation pour 3 ans de plus jusqu’au 1er juillet 2023, et ne se limiterait pas à  la seule filière betteravière mais serait valable pour toute culture, sur tout le territoire.

➡️ La loi de 2016 imposait une obligation de bilan sanitaire et environnemental qui devait être élaboré par l’Anses, cette obligation est supprimée.

La loi Biodiversité de 2016 portée et défendue par Barbara Pompili intégrait pourtant un principe de non régression écologique.

 

 


 

24/08/ 2020

Artificialisation des sols : circulaire sur le rôle des préfets en matière d’aménagement commercial dans le cadre de la lutte contre l’artificialisation. Cette circulaire ne créé aucune règle de droit nouvelle mais rappelle les principales caractéristiques du droit existant en matière de lutte contre l’artificialisation des sols et intervient à la suite d’une précédente et récente circulaire intitulée « Instruction du Gouvernement du 29 juillet 2019 relative à l’engagement de l’État en faveur d’une gestion économe de l’espace.« 

 

 


 

08/07/2020

Modification des conditions d’installation de sites industriels. Ce gouvernement est un « aigle à deux têtes » selon une experte de France Nature Environnement. D’un côté, après l’incendie de Lubrizol, il prend des mesures pour mieux surveiller les sites industriels, de l’autre, il simplifie leur implantation. Ainsi, nombre d’établissements n’auront plus à effectuer d’étude d’impact ou à recueillir l’avis du public.

 

 


 

01/07/2020

Les désaccords suite aux propositions de la CCC. À peine 24 heures après la présentation des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire,  interrogé sur RMC et BFMTV, s’est déclaré en désaccord avec deux mesures phares des citoyens et des citoyennes. Il s’oppose en effet

➡️ à l’interdiction de la publicité sur les produits les plus polluants comme les SUV,

➡️ à la réduction de la TVA sur les billets de train, au motif que ce serait une dépense «lourde» pour L’État.

Bruno le Maire s’est dit en revanche favorable à une meilleure information des consommateurs. En novembre dernier, le locataire de Bercy avait proposé que les publicités pour les voitures mentionnent leur conséquences environnementales, parmi les pistes lancées pour s’attaquer à la pollution engendrée par les véhicules les plus polluants.

Sur France Inter, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, a affiché son refus d’un référendum sur le crime d’écocide tel que le souhaitait la Convention :

➡️ «Dans notre droit, la loi pénale ne peut pas résulter d’une adoption par voie référendaire.» Elle propose par contre de «travailler sur le droit international, parce que l’écocide ne s’arrête pas aux frontières de la France».

Lors des questions au gouvernement, mardi, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Agnès Pannier-Runacher a déclaré vouloir lancer les enchères de la 5 G, alors que les membres de la Convention citoyenne pour le climat réclamaient un moratoire sur cette technologie:

➡️  «(…) une technologie essentielle à la compétitivité de notre pays»

 

Lundi 29 juin 2020 lors de son discours à l’Élysée, le chef de l’État avait déjà posé un veto à plusieurs mesures :

➡️ refus d’une taxe sur les dividendes,

➡️ refus d’une limitation de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes

➡️ opposition à une réécriture du préambule de la Constitution.

 


08/04/2020

Dérogation environnementale. Le décret du 8 avril 2020 autorise les préfets à déroger à toute une série de normes principalement environnementales : aménagement du territoire et politique de la ville, environnement agriculture et forêt, construction logement, urbanisme, protection et mise en valeur du patrimoine culturel. Si la loi sur l’état d’urgence sanitaire a prévu que les dispositions de nature sanitaire s’arrêteraient avec la fin de la pandémie, il n’en va pas du tout de même des dispositions de nature économique qui, elles, ont une vocation pérenne.

Tribune de Corine Lepage sur Reporterre le 31 aout 2020 :


Le rapport annuel 2020 du Haut Conseil pour le Climat épingle la politique gouvernementale

Si les émissions de la France ont bien diminué de 0,9% en 2019, la réduction des émissions de gaz à effet de serre reste insuffisante pour atteindre la trajectoire de neutralité carbone d’ici à 2050 ou des –3% attendus dès 2025. Les quatre grands secteurs émetteurs, le transport (30%) suivi de l’agriculture, le bâtiment et l’industrie ont raté le premier budget carbone (2015-2018), or « La situation s’aggrave, nous devons redresser le cap et relancer la transition » précise Corinne Le Quéré. Les solutions pour un plan de reprise compatible avec les objectifs de transition bas-carbone sont pourtant connues et compatibles avec l’emploi. Il s’agit donc de prime abord d'adopter toute mesure favorable aux secteurs décarbonés.

Le HCC insiste également sur l'importance d'une transition juste qui touche aux questions de vulnérabilité, d’emploi et de bien-être, qui peuvent être un frein à la mise en œuvre de politiques climatiques.

Dans ces objectifs, le HCC identifie plusieurs mesures de sortie de crise en particulier :

- La rénovation énergétique des bâtiments,

- Les investissements dans les transports publics et les infrastructures de mobilité douce,

- Les mesures d’efficacité énergétique et d’électrification et la R&D dans l’industrie,

- L’augmentation du stockage de carbone dans les sols et le développement des protéines végétales,

- Le déploiement des énergies renouvelables.

 

« Si une seule recommandation devait être conservée de ce rapport, elle serait de bannir tout soutien aux secteurs carbonés du plan de reprise et de l’orienter le plus possible sur des mesures efficaces pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre », disent les experts dans le rapport.

 

Pour Corinne Le Quéré, force est de constater que « le plan de reprise proposé par le gouvernement ne va pas dans le sens de nos recommandations » : « Les aides ont été allouées vers des secteurs très émetteurs — comme l’automobile ou l’aviation —, sans conditionnalité ferme concernant leur évolution vers une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques », a-t-elle déploré. La baisse temporaire des émissions de CO2 résultant du confinement, estimée à - 13 % entre janvier et mai, « reste donc marginale par rapport aux efforts structurels à accomplir : nous avons toujours les mêmes voitures, les mêmes chauffages et les mêmes industries ».

L’évaluation des lois et politiques en fonction de leurs conséquences sur le climat n’a dans les faits, « pratiquement pas progressé » et « la nouvelle SNBC entérine un affaiblissement de l’ambition de court terme en relevant les budgets carbone ». « Le gouvernement a déclaré plusieurs fois qu’il allait prendre un virage écologique, mais ... il n’est pas passé dans l’opérationnel » a commenté Corinne Le Quéré.

La Convention citoyenne pour le climat démontre que des personnes d’horizons géographiques, sociaux, politiques et culturels ci-différents peuvent pleinement percevoir l’urgence climatique et converger en quelques mois sur de nombreuses propositions d’envergure pour le climat et la justice sociale. Leurs propositions doivent être valorisées, mais l’État reste le garant de la mise en œuvre des politiques publiques climatiques et de leur équité, ainsi que de l’atteinte des objectifs climatiques de la France.

Le Haut Conseil pour le climat somme donc l’exécutif de rectifier le tir et « d’insérer le plan de reprise dans les limites du climat » : « Il existe peu de déficits que les États ne peuvent se permettre d’ignorer : le déficit carbone en est un. Il ne se rembourse pas à l’échelle de nos générations, et ses intérêts se payent sur nos conditions de vie. [...] L’impact à moyen et long-terme des décisions qui seront prises dans les mois à venir ne doit pas être sous-estimé. Il fait peser une responsabilité particulière sur les dirigeants publics et privés qui vont devoir en décider. »


 
HAUT CONSEIL POUR LE CLIMAT. HCC Redresser le cap, relancer la transition Rapport annuel 2020 [en ligne]. juillet 2020. [Consulté le 8 juillet 2020].
Disponible à l’adresse : https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2020/07/hcc_rapport-annuel-2020.pdf

La rénovation de l'habitat

Recensement des politiques publiques, des préconisations et des initiatives en faveur des travaux d'isolation du bâtit.

 

Des immeubles en terre crue à Lyon - Michel Philippo, spécialiste des questions d’écoconstruction de l’association Lesa

https://reporterre.net/EN-VIDEO-La-revolution-ecologique-et-sociale-dans-le-batiment

 

https://energy-cities.eu/fr/francfort-renove-les-coproprietes-en-connectant-offre-et-demande/

 

 

Mur Mur à Grenoble

Après une 1ère campagne d’isolation lancée de 2009 à 2014, pour l’aide aux travaux d’isolation par l’extérieur des co-propriétes privées des années 1945-1975, Grenoble-Alpes Métropole poursuit son engagement en faveur de la rénovation de l'habitat à travers sa campagne Mur Mur 2. Cette campagne vise de nouveaux objectifs plus ambitieux en matière d'économies d'énergie et avec un champ d'action plus vaste : après l'habitat collectif, les maisons individuelles sont concernées. En plus du suivi technique, la ville, aux côtés de Grenoble-Alpes Métropole, soutient financièrement les ménages le plus fragiles mais aussi les ménages des classes moyennes (par une aide aux travaux spécifique).

 

L'accompagnement aux travaux avec le dispositif Dorémi de Négawatt

 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/09/comment-faire-de-la-renovation-energetique-des-batiments-un-levier-de-la-relance_6042185_3244.html

L’ambition de rénover l’ensemble du parc de logements au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) d’ici à 2050 inscrite dans la loi depuis 2015 a pris du retard. La baisse des émissions de gaz à effet de serre du bâtiment est trois fois inférieure à ce qu’anticipait la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), la feuille de route climatique de la France, selon le rapport du Haut Conseil de 2019. Et les ministères des comptes publics et de la transition écologique estiment que les aides destinées aux ménages présentent des résultats « modestes » au regard de l’effort financier réalisé. Pour les ONG et les experts, la priorité est de sortir de cette approche « par étapes » où l'on change une fenêtre, une chaudière, pour privilégier des travaux qui permettent de rénover en une seule fois l’ensemble de la maison et d’atteindre directement le niveau BBC.

« Nous pourrions commencer par des obligations pour les propriétaires qui louent des appartements » Jean Passini, Fédération française du bâtiment.  « Aucun scénario pour une neutralité carbone en 2050 n’est compatible avec des rénovations par étapes, qui ne permettent pas de faire des économies d’énergie suffisantes », insiste Jean-Baptiste Lebrun, le directeur du Réseau pour la transition énergétique (Cler).

De plus en plus d’acteurs plaident également pour que ces rénovations deviennent obligatoires, notamment à l’occasion des transactions immobilières. C’est par exemple la première des cinquante propositions de la convention citoyenne pour le climat dans son plan de sortie de la crise due au Covid-19. Même la Fédération française du bâtiment (FFB) reconnaît que l’incitation n’est pas suffisante. « Jusqu’à présent, nous étions contre toute obligation, mais peut-être que dans le contexte actuel, nous devrions revoir notre position, affirme Jean Passini, président de la commission environnement et construction durable. Nous pourrions commencer par exemple par des obligations pour les propriétaires qui louent des appartements. »

Tous sont en tout cas d’accord sur un point : l’Etat doit investir dans les rénovations tout en continuant à simplifier et à améliorer le dispositif d’aides et de subventions. « Il faudrait conditionner les aides à l’obtention du label BBC », plaide Andreas Rüdinger, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales, qui déplore que « la majorité des aides financent des gestes uniques ».
L’Institut pour l’économie du climat (I4CE) propose de maintenir la dépense publique autour de 2 milliards d’euros par an dans la rénovation des logements privés et d’allonger la durée des prêts à taux zéro. Effy recommande de rendre ces prêts plus attractifs pour les banques, afin qu’ils soient davantage utilisés. Négawatt, de son côté, estime qu’en supprimant toutes les aides actuelles, l’État pourrait récupérer suffisamment d’argent pour proposer des prêts à taux zéro à l’ensemble des propriétaires.

 

Propositions relatives au bâtit de la Convention citoyenne Climat - 29 Juin 2020

Les 150 citoyens souhaitent rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments (toit, isolation, fenêtre, chauffage et ventilation mécanique contrôlée) d’ici 2040. Cette proposition est portée depuis plusieurs années par les associations. En décembre 2019, lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2020, le groupe Socialistes et apparentés de l’Assemblée nationale avait présenté un amendement pour créer un nouveau programme permettant « de financer des actions uniquement consacrées à la réduction de la consommation énergétique, portant sur l’ensemble des bâtiments, afin d’engager l’État dans une trajectoire lui permettant de respecter le décret tertiaire ». L’amendement a été rejeté.

https://reporterre.net/Convention-climat-les-propositions-que-le-gouvernement-a-deja-refusees


Les 149 propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat

La Convention Citoyenne pour le Climat, décidée par le Président de la République, réunit cent cinquante personnes, toutes tirées au sort et souhaite illustrer la diversité de la société française. Sa vocation est de donner la parole aux citoyens et citoyennes pour accélérer la lutte contre le changement climatique et elle a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale.

Dans le cadre de cette Convention Citoyenne, lLe Président de la République s’est engagé à ce que ces propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Après plus de 8 mois de travail, d’auditions et de débats, au cours desquels les citoyens se sont informé, ont débattu et préparé des projets de loi sur l’ensemble des questions relatives aux moyens de lutter contre le changement climatique,  les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat ont publié le 20 Juin 2020, 149 propositions au gouvernement.

 


CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT. Convention Citoyenne pour le Climat rapport-final [en ligne]. juin 2020. [Consulté le 8 juillet 2020]. Disponible à l’adresse : https://propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr/pdf/ccc-rapport-final.pdf