«Il y a de cela deux décennies, je lisais le rapport Meadows par curiosité. Tout cela semblait encore bien lointain à l’époque, même si j’avais bien conscience que notre planète était déjà bien dévastée et que l’épuisement des ressources naturelles finirait par advenir. Aujourd’hui, l’état dans lequel se trouve la Terre est, à bien des égards, bien plus effroyable que ce que je pouvais imaginer. Il ne s’agit plus d’une projection vers un devenir potentiellement instable mais d’une instabilité planétaire actée, ici et maintenant. La cryosphère (les glaces), l’atmosphère, la biosphère (les êtres vivants), l’hydrosphère (les eaux) et la pédosphère (les sols) sont soumises à des dégradations à l’échelle planétaire qui dépassent l’entendement. Quant aux ressources fossiles et naturelles, certaines s’épuisent à un tel rythme qu’il sera de plus en plus difficile pour l’ensemble de l’humanité (notamment pour la population des pays riches) d’assurer ses besoins essentiels durablement. La compilation non exhaustive de chiffres qui va suivre peut permettre, à mon sens, de mieux appréhender le réel. Au sein des nombreux rapports scientifiques que j’ai lu pour établir cette liste chiffrée, j’ai pu constater que de nombreuses actions sont déjà mises en œuvre partout autour de notre planète. Hélas, elles ne suffisent pas à enrayer le processus d’aggravation exponentiel de la situation. Dresser cet état des lieux n’a pas été facile émotionnellement et j’ai conscience des troubles que la lecture de ce document peut engendrer chez certains lecteurs, mais demeurer lucide est à mon sens une nécessité. Ces chiffres sont issus de rapports et d’études scientifiques, lesquels sont les bilans de longues années de travail. Certains faits et processus étant irréversibles, il s’agit maintenant d’œuvrer au mieux pour essayer de diminuer, autant que faire se peut, l’aggravation de la situation. »

Aurélia Pétri (citoyenne lambda et écrivaine), le 30 juin 2020