Le socle d’information initial scientifique et les ressources

 

Les phénomènes météorologiques extrêmes et les aléas climatiques tels que les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses deviendront plus fréquents et plus intenses dans de nombreuses régions. Le changement climatique est à l’œuvre dès à présent. Mais les impacts seront moins graves si les efforts de réduction des émissions réussissent à maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 1,5° C (comme l’exige l’Accord de Paris). Tout scénario d’émissions plus élevé entraînerait un changement climatique aux conséquences considérables.

 

Pour commencer

Parmi les ressources en lignes disponibles, le site bonpote ⤻ se consacre depuis 2 ans à la diffusion des connaissances et des enjeux écologiques. Il propose d’introduire le sujet par une explication de ce que signifie le dérèglement climatique, à savoir le forçage radiatif.

La Terre reçoit le rayonnement émis par le soleil et retourne l’énergie reçue sous forme de rayonnement infrarouge vers l’espace (albédo*). Ce phénomène naturel appelé effet de serre qui permet d’avoir une température moyenne de l’atmosphère à 18°, est modifié par les gaz à effet de serre (GES) qui renvoient une part plus importante du rayonnement infrarouge en direction de la Terre. On parle alors de forçage radiatif, responsable du renforcement de l’effet de serre, et qui se traduit par une augmentation moyenne de la température de l’atmosphère.

 

* Plus une surface est réfléchissante, plus son albédo est élevé. Les éléments qui contribuent le plus à l’albédo de la Terre sont les nuages, les surfaces de neige et de glace et les aérosols. Par exemple, l’albédo de la neige fraîche est de 0,87, ce qui signifie que 87 % de l’énergie solaire est réfléchie par ce type de neige.


 

Le rapport du GIEC en 18 graphiques (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)

Les températures de la terre à travers les âges

Le groupe-1 du GIEC* vient de publier en août 2021 son rapport dans le cadre de la préparation du 6ème rapport de ce Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le premier fut publié en 1990. Il servit de base scientifique à l’élaboration de la Convention Climat de l’ONU, signée à Rio de Janeiro en 1992.

Ce rapport démontre que les activités anthropiques sont responsables de l’augmentation des concentrations de GES dans l’atmosphère (depuis 1750, à savoir depuis la période industrielle), cf schéma ci-dessous.

 

La température moyenne de la planète (mesurée à un mètre au dessus des sols (stations météorologiques et à la surface des océans) depuis 1850 et la reconstruction de ces températures par des études paléoclimatiques remontant à 2000 ans démontre l’amplitude et la rapidité du réchauffement observé.

Le GIEC se divise en trois groupes de travail. Le premier s’occupe de la physique du climat – comment il fut, est et sera dans le futur en fonction des différents scénarios possibles d’émissions de gaz à effet de serre par l’Humanité. Le second analyse les conséquences de ce changement climatique sur les écosystèmes naturels et agricoles et sur les sociétés humaines ainsi que sur les adaptations possibles de ces dernières à ces menaces. Le troisième s’interroge sur les politiques à conduire pour diminuer ces menaces en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.

La note présentée en aout 2021 est un résumé pour décideurs du groupe 1 et ne porte donc que sur la physique du climat et étudie trois futurs possibles :

  • Le premier où le réchauffement est limité à 1,5°C supposerait une diminution drastique des émissions mondiales dès aujourd’hui à un rythme très élevé.
  • Le second où il monte à 2°C, mais avec une probabilité faible si des politiques sévères étaient engagées dans les 10 ans au plan mondial.
  • Le troisième où il grimpe jusqu’à 4°C correspond… à la trajectoire actuelle des émissions des gaz à effet de serre depuis 1992, l’année de Convention Climat de l’ONU.

Les groupes 2 et 3 doivent approuver leurs rapports en février et mars 2022. Le rapport de synthèse est prévu pour fin septembre 2022.

Les zones impactées par les sécheresses intenses

Référence : Le Monde, [en ligne], 09/08/2021, Type  : Article, consulté le 09/08/2021 – URL : https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/08/09/le-rapport-du-giec-en-18-graphiques/ – Marqueurs : Bilan Carbone


 

Le Haut Conseil pour le Climat (HCC)

Il publie des rapports et des avis ⤻ très régulièrement comme «Maîtriser l’empreinte carbone de la France, rapport Neutralité carbone 2020», «Redresser le cap, relancer la transition», «Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir», «Maîtriser l’impact carbone de la 5G» etc. Ci dessous une figure reprenant les principales sources d’émissions en France, qui souligne que 52 % des émissions de la France sont importées (c’est à dire produites hors du territoire puis importées et consommées).

Extrait du rapport du rapport annuel - 21/06/2021
Le classement des émissions GES en France

 

Référence : Haut Conseil pour le Climat, [en ligne], 09/08/2021, Type  : Site web, consulté le 09/08/2021 – URL : https://www.hautconseilclimat.fr/ – Marqueurs : Climat


 

Le Drias, les futurs du climat

Assuré par Météo-France, le Drias est un établissement public placé sous la tutelle du Ministère de la Transition Écologique. Il a pour vocation de mettre à disposition des projections climatiques régionalisées, réalisées dans les laboratoires français de modélisation du climat (IPSL, CERFACS, CNRM). Les informations climatiques sont délivrées sous différentes formes graphiques ou numériques à partir des données d’observation sur les changements climatiques par territoires.

Dans la cartographie ci-dessous, l’impact de la sécheresse sur le pays en 2055 et l’écart avec celles observées en 1970.

Impact de la sécheresse

Référence : Le DRIAS, [en ligne], 09/08/2021, Type  : Site web, consulté le 09/08/2021 – URL :http://www.drias-climat.fr/  – Marqueurs : Climat


 

Agence Européenne pour l’environnement

Les projections examinent 2 scénarios d’émissions moyens ou élevés sur une période allant de 2041-2070 par rapport à 1981-2010).

Les données sont présentées via une cartographie interactive, permettant de zoomer et de visualiser les impacts par zones territoriales. Dans la carte ci dessous, est montré la superficie et la population pouvant être affectée par l’augmentation du niveau moyen actuel de l’océan. En l’absence de toute protection côtière existante ou future, ces zones seraient inondées de façon permanente dans les siècles à venir si le niveau de la mer s’élevait autant que prévu. Cependant, les inondations côtières temporaires de ces zones causées par le niveau extrêmement élevé de la mer pourraient se produire beaucoup plus tôt en raison des effets combinés de l’élévation du niveau moyen de la mer, des vagues et des ondes de tempête.

Population affectée par la montée du niveau de l'eau

Référence : European Environnment Agency , [en ligne], 09/08/2021, Type  : Site web, consulté le 09/08/2021 – URL : https://experience.arcgis.com/experience/5f6596de6c4445a58aec956532b9813d – Marqueur : Climat


 

Le Socle d’information initial

Destiné à l’origine à la Convention Citoyenne pour le Climat, ce document compile les principales ressources scientifiques et propose également des ressources documentaires ⤻ complémentaires telles que les propositions de la Fondation pour la Nature et l’Homme, celles du Réseau Action Climat, du CESE à la Convention, ou de Carbone 4 avec sa Stratégie Nationale Bas-Carbone.

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L’impact sur la biodiversité

Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES en anglais)

Elle a publié un rapport en 2019 sur l’état de la vie sur notre planète. Ce rapport d’envergure inégalée, rédigé par 150 experts issus de 50 pays, analyse 15 000 publications pour faire la synthèse des connaissances sur l’état actuel de la nature, les dynamiques en cours et les perspectives à venir.

Accéder au document ⤻


 

L’Académie des sciences – France

L’Académie des sciences a publié encore récemment un rapport sur les insectes le 26 janvier 2021 et recommande de prendre des mesures urgemment.

Référence :  Jactel, H., Imler, J.L., Lambrechts, L., Failloux, A.B., Lebreton J.D., Le Maho, Y., Duplessy, J.C ., Cossart, P. & Grandcolas, P. (2021). Le déclin des insectes : il est urgent d’agir ; Insect decline: immediate action is needed. Comptes Rendus Biologies < https://doi.org/10.5802/crbiol.37


 

Comprendre les débats sur l’énergie

L’énergie est un concept important, la quête de l’énergie a conduit l’humanité à s’organiser sans cesse pour faire face aux pénuries ou accroitre les productions, les consommations.

Dans la vidéo De quoi l’énergie est-elle le nom ? Etienne Kein ⤻ développe l’apparition de ce concept en science. Il aborde notamment la notion d’esclave énergétique (35:01). Penser ainsi le besoin en énergie revient à estimer qu’un français aujourd’hui a besoin de 2,4 kwh / jour/pour une personne soit 170 esclaves énergétiques. À méditer.

Accéder à l’article consacré à cette vidéo ⤻


 

Décrypter l’énergie

Le site decrypterlenergie.org ⤻ apporte une nouvelle contribution à la réflexion et au débat sur notre avenir énergétique. L’information s’organise autour des principales controverses et il est même possible de soumettre un nouveau sujet de discussion comme par exemple: la méthanisation est-elle synonyme d’intensification de l’agriculture et de pollutions ?


 

Calculer ou estimer son empreinte carbone – Chaque geste compte

Proposé par l’Adème, ce test permet de se familiariser avec les ordres de grandeur dans notre vie quotidienne. Le mode de calcul consiste à convertir les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) en équivalent CO2 (CO2eq). En France, l’empreinte moyenne est estimée dans une fourchette allant de 9 tonnes de CO2eq à 11 tonnes de CO2eq par personne. Pour limiter l’augmentation des températures à 2 °C, il faut viser dès les prochaines décennies une empreinte carbone à l’échelle mondiale de 2 tonnes de CO2eq par personne soit diviser par 6 !

Ce test en ligne est bien entendu une estimation, tous les critères ne sont pas pris en compte comme par exemple la localisation de la production alimentaire, mais il permet de comprendre l’impact de notre consommation et des secteurs sur lesquels il est possible d’agir en en réduisant leur consommation.

 

Impact pour un Français en 2019 à 9,5 CO2e

Ainsi au regard des objectifs à atteindre de 2 tonnes de CO2eq/an par personne, il devient impossible de considérer l’avion comme un moyen de transport viable, puisqu’un seul vol aller/retour vers Paris/New-York s’élève à 2,3 tonnes, soit l’équivalent de notre objectif annuel.

Faire le test en ligne ⤻


 

Carbon Brief

Site web basé au Royaume-Uni, il couvre les derniers développements en matière de climatologie, de politique climatique et de politique énergétique. Spécialisé dans des articles et graphiques clairs et basés sur des données pour aider à améliorer la compréhension du changement climatique, à la fois en termes de science et de réponse politique. La récente controverse à propos du menu de la cantine à Lyon ⤻  a été l’occasion de démontrer l’intérêt d’aller au delà des idées reçues. Ci-dessous un exemple de l’impact climatique de notre alimentation.

Infographie de l'impact climatique de l'alimentation par secteurs
Infographie de l’impact climatique de l’alimentation par secteurs – voir la source ⤻

 

Our world in data

De nombreuses recherches scientifiques réalisées à partir de données mondiales sont également publiées sur Our world in data ⤻ [en anglais]

Référence : https://www.visualcapitalist.com/mapped-which-countries-have-the-worst-air-pollution/


 

Les observatoires

De nombreux observatoires permettent d’avoir accès à des données locales, la liste dans cet article ⤻


 

D’autres références

L’état du monde en chiffres

Issue de rapports et d’études scientifiques, une synthèse des impacts écologiques très accessible réalisée par un particulier avec les références scientifiques.

1 : l’industrie du pétrole est la plus émettrice de C02,
2 : l’industrie textile est la 2ème industrie la plus polluante dans le monde avec 1,2 milliard de tonnes de CO2 par an, soit plus que l’ensemble des émissions du transport maritime et aérien international combinés,
15% du tissu fabriqué est jeté à la poubelle,
20% des eaux usées mondiales est due à l’industrie de la mode, l’industrie du textile est le plus grand employeur du Monde avec 23,6 millions de personnes
80% des eaux usées mondiales sont rejetées dans les cours d’eau, lacs et les rivières sans traitement préalable
12 ans pour que le Méthane disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 28 fois plus puissant que le CO2,
100 ans pour que le Dioxyde de carbone (CO2) disparaisse de l’atmosphère,
☞ 3200 ans pour que l’Hexafluorure de soufre disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 22800 fois plus puissant que le CO2,
50000 ans pour que le Tétrafluorométhane disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 7390 fois plus puissant que le CO2

Accéder au document ⤻


 

Les associations et citoyens engagés

Il existe de nombreuses associations qui militent pour une prise en compte de l’impact des GES sur le climat et la biodiversité, et dont certaines sont habilitées à siéger aux instances politiques, mais aussi des blogs ou comptes sur les RS engagés

Réseau Action Climat (RAC) ⤻ fédère les associations internationales impliquées dans la lutte contre le dérèglement climatique et pour une transition écologique et équitable
Les Amis de la Terre ⤻

association à but non lucratif créée en 1970, a participé à la fondation du mouvement écologiste en France et à l’international. Un journal trimestriel, La Baleine, présente les activités du réseau et les grandes actualités sociales et environnementales.

Agir Pour l’Environnement ⤻

 

   
   

à compléter