Le socle d’information initial et les ressources scientifiques

 

Le changement climatique est à l’œuvre dès à présent.

Les phénomènes météorologiques extrêmes et les aléas climatiques tels que les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses deviendront plus fréquents et plus intenses dans de nombreuses régions. Mais les impacts seront moins graves si les efforts de réduction des émissions réussissent à maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 ° C (comme l’exige l’Accord de Paris). Tout scénario d’émissions plus élevé entraînerait un changement climatique aux conséquences considérables.

Minimiser les risques liés au changement climatique mondial nécessite des actions ciblées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), les épuisements des ressources et les pollutions. Mais quels sont les secteurs les plus gourmands, à quoi devrions nous renoncer ? Pour y réfléchir, il est nécessaire de comprendre quelques notions et avoir en référence les ressources scientifiques disponibles.

 

Et pour commencer

Nous entendons (presque) tous les jours parler du changement climatique, mais qui connait le forçage radiatif ? Cette notion peu médiatisée, est pourtant absolument centrale pour comprendre le changement climatique actuel.

La Terre reçoit son énergie du soleil, la surface de la Terre retourne l’énergie reçue sous forme de rayonnement infrarouge vers l’espace (albédo*) .

*L’albédo du système Terre-atmosphère est la fraction de l’énergie solaire qui est réfléchie vers l’espace. Sa valeur est comprise entre 0 et 1. Plus une surface est réfléchissante, plus son albédo est élevé. Les éléments qui contribuent le plus à l’albédo de la Terre sont les nuages, les surfaces de neige et de glace et les aérosols. Par exemple, l’albédo de la neige fraîche est de 0,87, ce qui signifie que 87 % de l’énergie solaire est réfléchie par ce type de neige.

Les gaz à effet de serre (GES), présents dans l’atmosphère, ont la propriété d’intercepter une partie de ce rayonnement infrarouge et de le réémettre, notamment en direction de la Terre. Ce phénomène naturel, appelé effet de serre, modifie le bilan radiatif de la Terre et permet d’obtenir à la surface de celle-ci une température moyenne de 15 °C, alors que sans lui la température serait de -18 °C.

Les activités anthropiques sont responsables de l’augmentation des concentrations de GES dans l’atmosphère (depuis 1750, à savoir depuis la période industrielle). Elles viennent perturber l’équilibre du bilan radiatif de la terre en modifiant l’opacité de l’atmosphère : ainsi une plus grande partie du rayonnement infrarouge est interceptée. On parle alors de forçage radiatif, responsable du renforcement de l’effet de serre, qui se traduit par une augmentation moyenne de la température de l’atmosphère et par conséquent des changements climatiques.

 

 

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)

Le groupe-1 du GIEC vient de publier en août 2021 son rapport dans le cadre de la préparation du 6ème rapport de ce Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le premier fut publié en 1990. Il servit de base scientifique à l’élaboration de la Convention Climat de l’ONU, signée à Rio de Janeiro en 1992.

Le GIEC se divise en trois groupes de travail. Le premier s’occupe de la physique du climat – comment il fut, est et sera dans le futur en fonction des différents scénarios possibles d’émissions de gaz à effet de serre par l’Humanité. Le second analyse les conséquences de ce changement climatique sur les écosystèmes naturels et agricoles et sur les sociétés humaines ainsi que sur les adaptations possibles de ces dernières à ces menaces. Le troisième s’interroge sur les politiques à conduire pour diminuer ces menaces en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.

Les groupes 2 et 3 doivent approuver leurs rapports en février et mars 2022. Le rapport de synthèse est prévu pour fin septembre 2022.

Cette note présente le résumé pour décideurs du groupe 1 et son document « réponses aux questions fréquentes » (FAQ en anglais) à travers une sélection de graphiques rapidement commentés. Elle ne porte donc que sur la physique du climat.

Le rapport étudie trois futurs possibles qui ne sont pas équiprobables. Le premier où le réchauffement est limité à 1,5°C supposerait une diminution drastique des émissions mondiales dès aujourd’hui à un rythme très élevé. Le second où il monte à 2°C, mais avec une probabilité faible si des politiques sévères étaient engagées dans les 10 ans au plan mondial. Le troisième où il grimpe jusqu’à 4°C correspond… à la trajectoire historique des émissions des gaz à effet de serre depuis 1992, l’année de Convention Climat de l’ONU. Autrement dit, pour le réaliser, il suffit de continuer comme aujourd’hui.

 

Le rapport du GIEC en 18 graphiques

 

Le Haut Conseil pour le Climat (HCC)

Il publie des rapports et des avis régulièrement : «Maîtriser l’empreinte carbone de la France, rapport Neutralité carbone 2020», «Redresser le cap, relancer la transition», «Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir», «Maîtriser l’impact carbone de la 5G» etc.

Extrait du rapport du rapport annuel - 21/06/2021

Extrait du rapport annuel du 21/06/2021 – Voir en ligne

Météo France

Sur son site, Météo France nous propose aussi d’accéder à des visualisations réalisées à partir des données d’observation sur les changements climatiques par territoires.

 

Agence Européenne pour l’environnement

Les projections examinent 2 scénarios d’émissions moyens ou élevés sur une période allant de 2041-2070 par rapport à 1981-2010). Ci-dessous, la population affectée par la montée du niveau de l’eau en Gironde.

Population affectée par la montée du niveau de leau
Population affectée par la montée du niveau de l'eau - voir la source 

Le Socle d’information initial

Destiné à l’origine à la Convention Citoyenne pour le Climat, ce document compile les principales ressources scientifiques et propose des ressources documentaires complémentaires telles que :

  • Les propositions de la Fondation pour la Nature et l’Homme,
  • Les propositions du Réseau Action Climat,
  • Le rapport complet du Haut Conseil pour le Climat, Avis Climat, énergie, biodiversité,
  • La contribution du CESE à la Convention, Faire sa part? Pour et responsabilité des individus, des entreprises et de l’Etat face à l’urgence climatique,
  • Les propositions de Carbone 4 avec sa Stratégie Nationale Bas-Carbone

👉 Télécharger le document

 

L’état du monde en chiffres

Issue de rapports et d’études scientifiques, une synthèse des impacts écologiques très accessible réalisée par un particulier avec les références scientifiques.

1 : l’industrie du pétrole est la plus émettrice de C02,
2 : l’industrie textile est la 2ème industrie la plus polluante dans le monde avec 1,2 milliard de tonnes de CO2 par an, soit plus que l’ensemble des émissions du transport maritime et aérien international combinés,
15% du tissu fabriqué est jeté à la poubelle,
20% des eaux usées mondiales est due à l’industrie de la mode, l’industrie du textile est le plus grand employeur du Monde avec 23,6 millions de personnes
80% des eaux usées mondiales sont rejetées dans les cours d’eau, lacs et les rivières sans traitement préalable
12 ans pour que le Méthane disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 28 fois plus puissant que le CO2,
100 ans pour que le Dioxyde de carbone (CO2) disparaisse de l’atmosphère,
☞ 3200 ans pour que l’Hexafluorure de soufre disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 22800 fois plus puissant que le CO2,
50000 ans pour que le Tétrafluorométhane disparaisse de l’atmosphère, ce gaz à effet de serre est 7390 fois plus puissant que le CO2

👉 Accéder au document

 

L’impact sur la biodiversité

Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES en anglais)

Elle a publié son dernier rapport en 2019 sur l’état de la vie sur notre planète. Ce rapport d’envergure inégalée, rédigé par 150 experts issus de 50 pays, analyse 15 000 publications pour faire la synthèse des connaissances sur l’état actuel de la nature, les dynamiques en cours et les perspectives à venir.

[pdf id=1419]

 

L’Académie des sciences – France

L’Académie des sciences a publié encore récemment un rapport sur les insectes le 26 janvier 2021 et recommande de prendre des mesures urgemment.
Jactel, H., Imler, J.L., Lambrechts, L., Failloux, A.B., Lebreton J.D., Le Maho, Y., Duplessy, J.C ., Cossart, P. & Grandcolas, P. (2021).
Le déclin des insectes : il est urgent d’agir ; Insect decline: immediate action is needed.
Comptes Rendus Biologies, < https://doi.org/10.5802/crbiol.37 >

 

Comprendre les débats sur l’énergie

L’énergie est un concept important, la quête de l’énergie a conduit l’humanité à s’organiser sans cesse pour faire face aux pénuries ou accroitre les productions, les consommations.

 

De quoi l’énergie est-elle le nom ?

Dans cette vidéo Etienne Kein développe l’apparition de ce concept en science. Il aborde notamment la notion d’esclave énergétique (35:01). Penser ainsi le besoin en énergie revient à estimer qu’un français aujourd’hui a besoin de 2,4 kwh / jour/pour une personne soit 170 esclaves énergétiques. Mais que représente 1 kWh ?

👉 Voir la vidéo

 

Décrypter l’énergie

Le site decrypterlenergie.org apporte une nouvelle contribution à la réflexion et au débat sur notre avenir énergétique. L’information s’organise autour des principales controverses et il est même possible de soumettre un nouveau sujet de discussion comma par exemple: la méthanisation est-elle synonyme d’intensification de l’agriculture et de pollutions ?

 

Calculer ou estimer son empreinte carbone – Chaque geste compte

Proposé par l’Adème, ce test permet de se familiariser avec les ordres de grandeur dans notre vie quotidienne. En moyenne, en France, l’empreinte actuelle est estimée à 11 tonnes de CO2eq par personne. Pour limiter l’augmentation des températures à 2 °C, il faut viser dès les prochaines décennies une empreinte carbone à l’échelle mondiale de 2 tonnes de CO2eq par personne soit diviser par 6 !

Ce test en ligne est bien entendu une estimation, puisque la localisation de la production alimentaire par exemple n’entre pas dans le calcul proposé, mais il permet de comprendre l’impact de notre consommation et des secteurs sur lesquels il est possible d’agir en en réduisant leur consommation.

👉 Faire le test en ligne

 

Des ordres de grandeurs pour comprendre concrètement l’impact de notre mode de vie

A qui correspondent 460 kg de carbone, à savoir la limite pour chaque habitant à ne pas dépasser ? Jean-Marc Jancovici

  • faire un aller-retour de Paris à New York, ou acheter 1 à 2 micro-ordinateurs à écran plat, ou construire 4 à 5 m² de logement béton, ou 2.500 km en 4×4, consommer un peu plus de 7.000 kWh de gaz naturel (soit quelques mois de chauffage d’un logement)…

Que signifie concrètement d’arrêter la hausse du CO2 dans l’air ?

 

D’autres références

Carbon Brief

Site web basé au Royaume-Uni, il couvre les derniers développements en matière de climatologie, de politique climatique et de politique énergétique. Spécialisé dans des articles et graphiques clairs et basés sur des données pour aider à améliorer la compréhension du changement climatique, à la fois en termes de science et de réponse politique. La récente controverse à propos du menu de la cantine à Lyon  a été l’occasion de démontrer l’intérêt d’aller au delà des idées reçues. Ci-dessous un exemple de l’impact climatique de notre alimentation.

Infographie de l'impact climatique de l'alimentation par secteurs
Infographie de l’impact climatique de l’alimentation par secteurs – voir la source

 

Our world in data

De nombreuses recherches scientifiques réalisées à partir de données mondiales sont également publiées sur Our world in data [en anglais], ci dessous une publication sur la pollution de l’air

Mapped: Which Countries Have the Worst Air Pollution?

 

Les observatoires

De nombreux observatoires permettent d’avoir accès à des données locales, la liste dans cet article